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1 month ago
Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l'occasion d'un entretien avec Rémy Buisine sur Brut, le 3 mai 2026.
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Mélenchon n’y croit pas. Il n’en veut pas, lui qui méprise tant ses partenaires. « Ils disent qu’on fera ensemble mais on ne le fera pas, promettait-il déjà à l’été 2023. Vous vous rendez compte comme ces gens sont bêtes ? » <br>« La vérité, c’est que sans nous, ici ce serait l’Italie avec des socdem qui servent à rien, des syndicats qui servent à rien, des intellos qui servent à rien, affirme de son côté Sophia Chikirou en avril 2024 dans un message interne. <br>L’autre vérité, c’est qu’on est seuls et qu’on ne peut compter que sur nous-mêmes. »
<br>Le candidat de la gauche, c’est lui et personne d’autre : « Rien ne se décidera sans moi, prévient-il.
C’est Mélenchon qui décide pour Mélenchon ! Moi, je me régale, je fais l’histoire. Je ne vous dis pas que je suis sûr de gagner mais on peut y arriver si on divise la droite. <br><br>On doit mettre le centre en demeure de choisir entre la gauche et l’extrême droite. » <br><br>Il se moque bien des histoires de primaires, des appels de la société civile, ces histoires de « Marie-Chantal », des bonnes femmes qui s’ennuient, comme il les dénigre.
<br><br>À bientôt 74 ans, cet angoissé du vieillissement, effrayé par la maladie, revendique encore « une certaine forme vitale ». « Je suis désolé pour vous, je n’ai même pas mal aux genoux ! « s’ amuse t ‘il .
En riant ,l’ insoumis évoque la vidéo d’ un monument politique , qui fait écho en lui .
<br><br>On y voit De Gaulle en conférence de presse en 1967 :<br> « On m’a demandé ce que ce serait que l’après-gaullisme. Tout a toujours une fin, chacun se termine. Pour le moment, ce n’est pas le cas. De toute façon, l’après-de Gaulle ce peut être ce soir, ou dans six mois, ou dans un an. Ça peut être dans cinq ans. Mais si je voulais faire rire quelques-uns, ou en faire grogner d’autres, je dirais que ça peut aussi bien durer encore dix ans, quinze ans! »
<br><br>Fin mai 2023, dans le train retour de Saint-Brevin-les-Pins, où toute la gauche s’était réunie pour soutenir , le maire démissionnaire visé par un incendie criminel et des menaces de l’extrême droite, le socialiste Jérôme Guedj lui a dit : « Une fois que tu as dépassé la moyenne de l’espérance de vie, ton espérance de vie s’allonge.»
Manuel Bompard, à côté, a confirmé la logique mathématique. <br><br>« Ah ! Alors ça change tout ! » s’est esclaffé
Mélenchon. <br><br>Mais le temps presse. Il ne veut pas laisser s’organiser les autres à gauche, et surtout pas les socialistes, qu’il craint. Il faut donc agir vite. « Si c’est une élection qui a lieu là tout de suite, sans doute que je peux être incité à y aller», fait savoir le leader de LFI, pudibond. <br><br>Manuel Bompard, lui, ne doute pas : « On a toujours dit que c’ était une question de timing. <br><br>S’il y a une présidentielle demain, oui, c’est le meilleur candidat. Si c’est dans deux ou trois ans, on verra. »
<br>En réalité, la quatrième candidature présidentielle du chef est enclenchée. Ces dernières années, le leader, avec l’aide de jeunes et fidèles soldats, a cadenassé son parti. Les figures critiques ont été répudiées, y compris ses plus anciens compagnons de route, parmi lesquels Alexis Corbière, fidèle entre les fidèles. Son commando est en ordre de marche. <br><br>A la question « Qui d’ autre que Mélenchon ? », les insoumis répondent par un silence des plus bavards. Le diable se cache dans les
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détails. Le mode de désignation du candidat au scrutin suprême est tout trouvé : un nom sera proposé par la coordination du mouvement au groupe parlementaire, deux instances où l’on retrouve les mêmes personnes.
Aux militants ensuite de l’approuver. Il n’y aura qu’un nom, pas un de plus. Qui osêra tenir tête à Mélenchon, le chef bardé de trois campagnes présidentielles ? Les insoumis marchent au pas, prêts à la bataille.
À la fin du mois d’août 2024, sous le soleil de plomb de Valence, dans la Drôme, où La France insoumise tient ses « Amfis », sa rentrée politique annuelle, Mélenchon a rassemblé ses députés et sonné le tocsin.
<br><br>Sa stratégie évolue, comme chaque fois qu’une présidentielle approche. « On peut être radicaux sans faire de coups d’éclat personnels », lâche-t-il devant ses troupes.
Et dire qu’un an plus tôt, au même endroit, lorsque le député François Ruffin appelait lui aussi à calmer le jeu, sa collègue Sophia Chikirou éructait : « C’est ça, l’insoumission, il y a une colère profonde. Et si vous ne faites pas le bruit et la fureur, vous n’existez pas. »
<br><br>Va-t-il encore une fois muer ? Enfin s’apaiser, alors que les sondages le désignent comme l’une des personnalités politiques les plus détestées de France ? Le message est surtout adressé à ses députés, dont beaucoup se sont rendus célèbres au fil de polémiques, de propos injurieux en tout genre, voire dans certains cas de sous-entendus aux relents antisémites. Sous la précédente législature, la quasi-totalité des sanctions disciplinaires prononcées à l’Assemblée nationale a visé les élus LFI.