Amélie Nothomb : son processus d'écriture, pourquoi on lit moins, L'adolescence du perroquet... - Vidnexa
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Amélie Nothomb : son processus d'écriture, pourquoi on lit moins, L'adolescence du perroquet...

32.7K views • 1 week ago
25 Comments
@николадесюрмен
Brut arrêtez de vouloir tout faire tourner autour du féminisme, ça devient obsessionnel et très chiant
@MrFrolen
@@MrFrolen 1 weeks ago
J'aime beaucoup cette auteure. Une écriture nerveuse et poétique. Concision et efficacité. Merci pour cette interview fascinante.
@FransQuinet
@@FransQuinet 1 weeks ago
J&#39;adore constater comme le temps l&#39;adoucit. Je la pensais fragile, et je suis heureux de ne pas m&#39;être trompé. J&#39;ai écouté toutes ses interviews, sans me rendre compte qu&#39;elle m&#39;accompagne depuis longtemps. Je croise sa présence, sans jamais avoir cherché à la rencontrer. Le hasard la conduit à croiser ma route, puis à la croiser plus tard. ❤<br><br>Edit : permettez moi d&#39;ajouter ceci, une bouteille de mon meilleur cru, mon unique vin.<br><br> Votre livre est vivant...<br><br> C&#39;est une expérience vertigineuse, celle d&#39;écrire. Ecrire pour de vrai, jusqu&#39;au bout de votre projet. Car, et c&#39;est difficile à croire, le bout du projet n&#39;existe pas...
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<br> Non, la fin de l&#39;écriture n&#39;est pas un aboutissement, c&#39;est une contrainte. Votre livre est vivant, il évolue, il change, il pense par lui-même et vous invite à l&#39;améliorer jusqu&#39;à l&#39;infini. Sauf qu&#39;à un moment donné, vous devez vous faire violence, et le laisser vivre comme il est. C&#39;est dorénavant le regard et la conscience de ceux qui vous liront qui lui donneront sa personnalité, sa couleur.
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<br> Votre livre est comme un nuage de fumée, et lorsque vous y retournerez, vous brasserez cette fumée, la tordant dans tous les sens. Votre simple présence modifie profondément ce nuage. Vous souhaiterez ajouter un chapitre, en préciser un autre, supprimer des paragraphes, réécrire des scènes. C&#39;est inévitable, et c&#39;est vertigineux. C&#39;est même épuisant car, rapidement, vous en serez à la cinquième version &quot;définitive&quot;. Mais non. Trois jours plus tard, parce que vous aurez offert votre livre à telle personne, vous vous relirez en tentant d&#39;imaginer le point de vue de cette personne. Et paf ! Vous repérerez une répétition d&#39;un mot qui vous avait échappée. C&#39;est plus fort que vous, et vous modifierez. Et puisque vous corrigez cette répétition, vous en profiterez pour reformuler tout le propos, et c&#39;est vrai, le résultat sera meilleur.
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<br> Mais c&#39;est sans fin. Un matin, vous devez décider de ne plus y toucher. Vous devez accepter ses hurlements, qui réclament des modifications. Même sa couverture vous hantera. C&#39;est le prix à payer d&#39;avoir osé écrire, du début, la première page blanche, avec juste une idée en tête, jusqu&#39;au mot &quot;Fin&quot;, que vous inscrirez fièrement la première fois, encore inconscient du tourment qui vous attend.
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<br> Ecrire est l&#39;aventure la plus riche que j&#39;ai eu la chance d&#39;expérimenter dans ma vie, et ça y est : j&#39;abandonne &quot;Victor ?&quot; par Frans Quinet comme il est là, avec ses défauts, ses cicatrices, ses erreurs mais aussi avec ses splendeurs. Je remercie mille fois chaque lectrice, chaque lecteur pour le temps qu&#39;ils ont accordé au fruit de cette sublime expérience, et je remercie d&#39;avance celles et ceux, nombreux j&#39;espère, qui suivront. Je rêve que le message qu&#39;il transporte voyage dans toutes les consciences.
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<br> J&#39;en termine : si le désir d&#39;écrire est en vous, c&#39;est que votre âme souhaite vous dire quelque chose d&#39;important. Je vous exhorte à le faire, écrivez !
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<br>Frans Quinet<br><br>Edit 2 : et j&#39;ajoute encore ceci.<br><br> Neuf mois.<br><br> Neuf mois. C&#39;est le temps de gestation pour démouler dans le monde une nouvelle vie humaine, après une seringue ou un pénis. Une nouvelle vie banale, peut-être, probablement même, comme la mienne, et la plupart, ou exceptionnelle, comme l&#39;avènement de Victor Hugo.
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<br> Neuf mois, c&#39;est le temps qui s&#39;est écoulé entre le premier soir, celui de notre seule rencontre improbable, et l&#39;enfant fini, de papier et d&#39;encre, qui vient au monde aujourd&#39;hui.
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<br> Oui, je le sais, je l&#39;ai annoncé vivant, plusieurs fois. Mais c&#39;étaient ses coups de pied dans mon ventre, ou plutôt, dans ma tête. Il était vivant, déjà, mais pas encore né. Il n&#39;y avait que moi qui le voyais, et je l&#39;ai rêvé comme il est venu au monde.
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<br> Neuf mois pour que j&#39;accouche de ce samizdat, de ce dialogue platonicien moderne.
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<br> Neuf mois d&#39;écriture, avec une dizaine de versions finales, et plusieurs dizaines de relectures, chaque fois décisive pour la forme qu&#39;allait prendre mon enfant littéraire.
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<br> Neuf mois pour l&#39;écrire, mais une vie pour l&#39;imaginer.
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<br> Et il est né ! Ca y est ! J&#39;ignore comment vous expliquer ce moment : celui de la certitude. Oh, je l&#39;ai souhaité bien des fois, et parfois, je l&#39;ai même prétendu, certain de sa réalité. Mais je savais qu&#39;il n&#39;était pas complet. Pas parce que je l&#39;avais décidé - moi, je l&#39;aurais laissé en l&#39;état, dés le premier soir, celui de notre première conversation, brute - mais parce qu&#39;il m&#39;envoûtait.
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<br> &quot;Victor ?&quot; par Frans Quinet n&#39;est pas un enfant désiré. C&#39;est le fruit d&#39;un viol artistique, diront certains, un soir alcoolisé, une imposture ! Mais lui, il n&#39;en peut rien. L&#39;Univers a veillé à lui accorder son droit de vivre, et m&#39;a contraint à l&#39;accompagner. C&#39;est le lendemain matin que j&#39;ai découvert le résultat de notre rencontre nocturne, intime, secrète même : l&#39;embryon qui allait devenir une conversation qui renferme le pouvoir de changer le monde.
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<br> Oh, vous pouvez rire. Vous pouvez vous moquer, mais sachez que l&#39;Univers vous dépasse, qu&#39;il transcende votre petite perception des choses. Vous n&#39;êtes pas en mesure de synthétiser l&#39;invraisemblable dentelle sémantique et causale, à l&#39;œuvre chaque seconde, dans chaque vie, humaine, animale et végétale.
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<br> Ou alors, vous savez que vous regardez. Vous êtes un poète ; ou plus douloureux encore, et plus merveilleux aussi, un voyant.
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<br> Frans Quinet (là, je suis ivre. Peut-être reviendrai-je ici, gêné, pour modifier, améliorer ou préciser ce que j&#39;ai écrit. La raison de cette ivresse est-elle pathétique ? J&#39;ai fêté la naissance de &quot;Victor ?&quot; par Frans Quinet.)<br><br>Merci pour votre lecture.
@almo2704
@@almo2704 1 weeks ago
bonjour, je découvre vos interviews (par une personne bien intentionnée). super intéressant ! merci beaucoup. j&#39;ai une question suite à votre interview : si les romans qu&#39;elle n&#39;a pas voulu publier ne le seront jamais. pour qsuoi ne les détruit-elle pas ?
@myamya5194
@@myamya5194 1 weeks ago
J&#39;aime tellement cette femme &lt;3 c&#39;est rare des gens comme elles de nos jours !
@timotheeheard7485
@@timotheeheard7485 1 weeks ago
Amélie Nothomb, peux-tu sauver le monde ?
@stephanelambert5658
@@stephanelambert5658 1 weeks ago
Je trouve que le livre numérique produit un effet-mer.<br><br>Comme la mer, il avale. Il engloutit. Les bateaux, les trésors, les canons, les drapeaux : tout finit par disparaître sous sa surface. On sait que tout est encore là, quelque part, mais on ne voit plus rien.<br><br>C’est peut-être cela qui me gêne dans le livre numérique : il conserve tout en faisant disparaître presque tout.<br><br>Le livre papier, lui, reste un objet. Il occupe une place, il vieillit, il porte des traces, il se transmet. On peut le voir, le toucher, le retrouver sur une étagère des années plus tard.<br><br>Le numérique fait presque l’inverse : il semble rendre le livre immortel, mais il l’engloutit dans une immensité où chaque livre devient finalement presque invisible parmi les autres.<br><br>Un effet-mer : tout est conservé, mais tout disparaît.
@ludd7929
@@ludd7929 1 weeks ago
Une personnalité qui me rassure 🙏🏻<br>Merci Amélie 🫶🏻
@craftty-riki
@@craftty-riki 1 weeks ago
Passionnante, comme d&#39;habitude ❤
@Élia7949
@@Élia7949 1 weeks ago
Amélie Nothomb est un régal à lire et à écouter. Merci pour ce moment partagé ❤
@patrick-r7n4s
@@patrick-r7n4s 1 weeks ago
Je suis d&#39;accord avec Amélie Nothomb, ce monsieur est un grand interviewer !<br>Je garde encore en mémoire sa récente interview de Ridley Scott !
@Kalinkaek
@@Kalinkaek 1 weeks ago
Amélie Nothomb m’a redonné le goût de lire et m&#39;a ouvert à la littérature japonaise. Donc je suis plein de gratitude. Et c&#39;est une femme vraiment adorable. J&#39;ai été très surpris, un matin, lorsqu&#39;elle m&#39;a appelé pour me remercier d&#39;une lettre.
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<br>Quant à tous les fantasmes autour de l’IA dans l’édition, une question me vient : pourquoi embaucher des personnes chargées de détecter l’usage de l’IA alors qu’il est déjà quasiment impossible d’être édité sans recommandation, sans réseau ni grosse communauté sur les réseaux sociaux ? En 2025, Albin Michel n’a publié aucun nouvel auteur qui n’appartienne pas, d’une manière ou d’une autre, au cercle culturel parisien. Et qui a utilisé l&#39;IA, 2 minutes, on voit très bien qu&#39;on ne génère pas un livre publiable avec GPT. Ecrire , c&#39;est difficile.
@Geneviève-n6z
@@Geneviève-n6z 1 weeks ago
Moi je dévore vos livres papier et je suis. Concentrée malgré mon grand âge
@nKuro-gd
@@nKuro-gd 1 weeks ago
Super interview ! Le journaliste maitrise le sujet, et les questions sont bien trouvées.
@Geneviève-n6z
@@Geneviève-n6z 1 weeks ago
❤ j ai aimé ce récit in perroquets qui ne dit plus rien à l âge adulte il avait tout compris merci amelie
@Bettyboop118
@@Bettyboop118 1 weeks ago
J aime cette femme
@bairlaa7829
@@bairlaa7829 1 weeks ago
Écouter Amélie Nothomb est un délice intellectuel et sensible. Facile « d’accepter de disparaître quand on l’écoute pour tout capter d’elle » . Bravo et merci pour ce bel échange.
@LenaBowers-x2p
@@LenaBowers-x2p 1 weeks ago
@midonadeze9573
@@midonadeze9573 1 weeks ago
Le passage sur l&#39;IA est sublimement résumé <br>Merci pour cette très pertinente interview, merci à Amélie d&#39;exister même si je n&#39;ai lu qu&#39;un seul de ses romans et que j&#39;en ai écouté 3 autres
@sabinedagostino
@@sabinedagostino 1 weeks ago
Je l&#39;adore, j&#39;ai une personnalité borderline et sa sensibilité me parle. Je viens d&#39;acheter son dernier livre, il se lit d&#39;une seule traite, un délice.
@michelgarcia6273
@@michelgarcia6273 1 weeks ago
C&#39;est vraiment pauvre comme livre. Elle me déçoit de livre en livre. Lire sur une tablette c&#39;est ne pas avoir l&#39;amour de l&#39;auteur
@michelgarcia6273
@@michelgarcia6273 1 weeks ago
{
@LesPoods
@@LesPoods 1 weeks ago
QUELLE FEMME ! On pourrait l’écouter des heures et des heures
@sh0bohoso280
@@sh0bohoso280 1 weeks ago
C&#39;est une gothique, Nothomb?
@aymeric_goetschy
@@aymeric_goetschy 1 weeks ago
Dans cette conversation que nous avons ici, Amélie Nothomb a le temps de s&#39;exprimer en profondeur, avec nuance et précision. Elle m&#39;a sincèrement intéressé et surpris. J&#39;espère que notre échange vous plaira. N&#39;hésitez pas à me dire en commentaire ce que vous en pensez 🙂